La cigarette électronique rechargeable, aussi appelée vapoteuse, est de plus en plus utilisée, surtout par les jeunes. Ces appareils chauffent un liquide qui contient de la nicotine, mais aussi d’autres substances comme des arômes (fruités, menthe, etc.), et parfois des produits chimiques. Ils produisent une fumée qu’on inhale. Les vapoteuses ne contiennent pas de tabac, mais cela ne les rend pas sans danger.

La vapoteuse peut aider à arrêter de fumer. Mais il est important de l’utiliser pour arrêter complètement la nicotine. Il ne faut pas la garder trop longtemps. L’objectif est de diminuer la nicotine jusqu’à l’arrêter, pas de rester dépendant.

Certains jeunes commencent à vapoter sans jamais avoir fumé de cigarette. Cela peut les amener à utiliser d’autres produits plus dangereux, comme la cigarette.

Les puffs sont des cigarettes électroniques, ou vapoteuses, jetables. Elles sont très populaires chez les jeunes. Elles sont souvent colorées et ont des saveurs attrayantes comme des fruits, des bonbons ou de la menthe. Le marketing de ces produits est conçu pour attirer les jeunes. Il donne l’impression que les puffs sont sans danger, ce qui est faux.
Ces produits sont moins chers et plus simples que les vapoteuses rechargeables, mais ils sont aussi moins sûrs. Comme elles sont jetables, elles sont souvent de mauvaise qualité et ne sont pas conçues pour durer.

Les puffs contiennent de la nicotine, ce qui crée rapidement une dépendance. Les puffs peuvent parfois contenir des doses de nicotine très élevées, illégal en Suisse. Cela est possible car leur vente n’est pas souvent contrôlée, et on peut facilement les acheter sur internet.

Les puffs sont un désastre pour l’environnement, car elles sont difficiles à recycler et produisent beaucoup de déchets.

En Suisse, certains cantons, comme le Jura et le Valais, ont décidé d’interdir la vente des puffs. Cette interdiction pourrait s’étendre à toute la Suisse bientôt.

Les nicotine pouches sont de petits sachets contenant de la nicotine, des arômes, et souvent ces fibres végétales, mais pas de tabac. On les place sous la lèvre (comme le snus avec tabac), et la nicotine est absorbée par la bouche.

Des études montrent qu’au moins la moitié de la nicotine dans le sachet peut être absorbée. Les nicotine pouches semblent moins dangereux que les cigarettes et donnent une quantité similaire de nicotine. Elles peuvent donc être une alternative moins dangereuse pour les fumeurs. Mais la plupart des recherches viennent de l’industrie, donc il faut plus d’études indépendantes pour mieux connaître les risques.

Ce produit n’est pas sans risque ! Bien que ces produits ne contiennent pas de tabac, des recherches montrent qu’ils peuvent avoir des nitrosamines, des substances qui peuvent causer le cancer. Le marketing de ces produits peut aussi inciter les jeunes à les utiliser.

Combien de jeunes consomment ces produits avec nicotine ?

Env. 11% des 11 à 15 ans ont utilisé la cigarette électronique au moins une fois dans les 30 derniers jours (G : env. 11%; F :env. 11%). L’usage fréquent (≥ 10 jours dans les 30 derniers jours) de la cigarette électronique concerne env. 7% des 15 ans et l’usage quotidien env. 2%. Chez les 15 ans qui ont utilisé la cigarette électronique au moins une fois dans leur vie, la curiosité/essayer la nouveauté est le principal motif (env. 92%). Pour certain·e·s, il s’agit d’une aide à la réduction (env. 15%) ou à l’arrêt du tabagisme (env. 11%).

1’362 jeunes entre 14 et 25 ans ont répondu au sondage en août 2022. Les résultats montrent que :

91 % disent connaître les puffs ;
59 % avouent en avoir déjà consommé au moins une fois ;
12 % en consomment fréquemment, c’est-à-dire plus de 10 jours durant le dernier mois. Rappelons que 19 % des 15-24 ans fument quotidiennement en Suisse (OBSAN, 2017).

La nicotine et la dépendance

Le risque de dépendance d’un produit dépend de la quantité de nicotine absorbée et de la rapidité avec laquelle elle atteint le cerveau. La quantité de nicotine absorbée varie selon la manière et le type de produit consommé. Quand la nicotine est fumée ou vapotée, elle agit en 10 à 20 secondes, ce qui est très rapide. Cela provoque un « hit nicotinique », une sensation agréable à chaque consommation. La nicotine consommée sous d’autres formes, agit moins rapidement, comme par voie orale (snus, sachets de nicotine) ou par voie nasale (snuff).

Fumer du tabac ou consommer d’autre produits avec nicotine, c’est absorber de la nicotine. La nicotine a des effets sur le cerveau. Comme avec d’autres drogues, quand on consomme de la nicotine, on ressent un bien-être et une sensation de plaisir. Et ça se répète à chaque consommation, c’est ça qui rend dépendant.

Quand on fume ou qu’on consomme de la nicotine sous une autre forme, le rythme cardiaque s’accélère, la pression artérielle augmente. Tout le corps est en état de stress. La nicotine a donc un effet de stimulation, elle augmente les perceptions, l’humeur et la mémoire. La nicotine diminue l’appétit.

Quand on arrête de consommer de la nicotine, le manque apparaît rapidement, entre une demi-heure et trois heures plus tard. Ce manque disparaît en quelques secondes en fumant ou en consommant à nouveau de la nicotine. C’est pourquoi les personnes dépendantes ressentent une sensation de détente quand elles fument. Elles pensent que fumer les calme.

La nicotine est une des substances qui rend dépendant le plus rapidement. La plupart des personnes qui fument ou consomme d’autres produits similaires tous les jours sont dépendantes. Les jeunes, même s’ils ne fument pas tous les jours, peuvent devenir dépendants.

La moitié des personnes qui consomment ont envie d’arrêter. Mais c’est difficile. Les rechutes sont fréquentes.

Conséquences sur la santé

La cigarette électronique peut sembler moins dangereuse que la cigarette car elle ne contient pas de tabac, mais elle reste mauvaise pour la santé. Elle peut causer des problèmes aux poumons, comme l’asthme ou d’autres maladies respiratoires.

Les produits chimiques dans la vapeur irritent les poumons et peuvent les abîmer. Les études montrent que les vapoteurs ont plus de risques d’avoir des problèmes respiratoires que ceux qui ne vapotent pas.

Même si la vape produit moins de fumée toxique que les cigarettes, elle n’est pas sans danger. Il est important de comprendre que vapoter peut aussi être mauvais pour les poumons, peu importe l’âge.

Les sachets de nicotine ou nicotine pouches semblent contenir des nitrosamines. Ce sont des substances qui peuvent causer le cancer.

Risques des produits avec nicotine chez les jeunes

La majorité des personnes qui consomment des produits à base de nicotine commencent à l’adolescence. À cet âge, le corps et le cerveau sont en plein développement.

Le jeune est plus vulnérable, il est en pleine quête d’identité et cherche souvent à faire partie d’un groupe en prenant des risques. L’adolescence est une phase particulièrement importante pour le développement du cerveau. Le cerveau des adolescents est plus sensible aux effets de la nicotine que celui des adultes. C’est pourquoi, même une petite dose de nicotine peut rendre un adolescent dépendant plus rapidement qu’un adulte.

La nicotine, en plus de créer rapidement une dépendance, peut perturber le développement du cerveau. Elle agit directement sur les zones qui contrôlent les émotions, l’apprentissage et la mémoire, ce qui peut affecter la concentration, l’humeur et la capacité à prendre des décisions. Ces effets peuvent être irréversibles.

Quand on commence à consommer de la nicotine jeune, on a plus de risques de devenir dépendant à vie.

Pourquoi les jeunes consomment-ils ?

L’adolescence est une phase particulière, l’ado cherche son identité, il veut tester des nouvelles choses et prend des risques. Il vit le moment présent sans se soucier du futur.

Quand on leur demande pourquoi ils consommes des produits avec nicotine ou vapotent, il répondent:
-c’est pour s’amuser et faire la fête
-c’est pour faire partie d’un groupe. Pour faire comme les autres. C’est plus drôle quand je suis avec les autres. C’est pour avoir le contact plus facile et être plus ouvert. C’est pour faire partie d’un certain groupe
-c’est pour mieux supporter la déprime, la nervosité, la mauvaise humeur.
-c’est parce qu’on n’arrive pas à arrêter

La publicité pour les puffs et les autres produits avec nicotine donne des modèles, promet de paraître cool, aventurier ou rebelle. Les ado y croient. Pour les jeunes, consommer peut être une manière de se montrer plus sûrs d’eux, ça améliore leur confiance en eux.

Quelle loi pour protéger les ados ?

Depuis le 1er octobre 2024, la Suisse applique une nouvelle loi (la LPTab) pour mieux protéger les jeunes contre les dangers du tabac et de la nicotine.

Qu’est-ce qui change ?
Interdiction de vente aux mineurs :
Aucun produit du tabac (comme les cigarettes, les vapes ou le tabac à chauffer) ne peut être vendu aux jeunes de moins de 18 ans. Cette loi est valable dans toute la Suisse.

Moins de publicité :
La publicité pour le tabac est interdite dans des lieux que les jeunes voient souvent : gares, transports publics, cinémas, ou lors d’événements sportifs. Cela diminue la visibilité et évite de donner envie d’essayer ces produits. Mais cette loi est peu efficace, car les jeunes peuvent quand même être influencés par la publicité visible dans les lieux de vente et sur internet.

Contrôles plus stricts :
Les magasins peuvent être testés pour s’assurer qu’ils respectent bien l’interdiction de vente aux moins de 18 ans.

Les prix augmentent :
Les prix des produits comme les cigarettes électroniques, les liquides de recharge et les puffs vont augmenter en raison de nouvelles taxes sur ces produits.

La loi aide, mais elle ne suffit pas. Les parents doivent aussi parler avec leurs enfants des dangers de ces produits et les encourager à faire des choix plus sains.